• Le premier couvent de Suzanne

     

    Le premier couvent où Suzanne est placée comme pensionnaire est appelé "Sainte-Marie". Il s'agirait, selon certains commentateurs, de la visitation sainte Marie. L'ordre de la Visitation vaut bien la peine qu'on s'y attarde. Il est fondé par l'évêque de Genève, François de Sales, une jeune veuve Françoise de Chantal et ses compagnes.

    Au point de départ, les religieuses avaient pour mission d'aller visiter et de réconforter les pauvres et les malades. Mais, à l'époque, on voit d'un mauvais oeil que des religieuses sortent de leur couvent. Malgré tous ses efforts, François de Sales se voit contraint d'accepter, pour ce nouvel ordre, une clôture papale, bien loin de son projet initial. Les nonnes seront cloîtrées et vouées à la contemplation. Cependant, cette nouvelle famille religieuse garde tout de même la particularité d'accueillir des femmes âgées, de santé fragile ou handicapées. Les soeurs suivent la règle de saint Augustin.

     

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    Dans certains monastères, les visitandines se mettent à accueillir des pensionnaires et tiennent école au sein de leur clôture.  Ce type d'activités semble avoir pris fin avec le concile Vatican II. Il y a eu un couvent de la Visitation à Paris qui  fut fermé puis démoli à la révolution française. Seul en subsiste l'ancienne chapelle qui a été affectée au culte protestant en 1802.

    L'habit est décrit ainsi dans les constitutions originelles: une robe noire, coupée comme un sac, mais assez ample pour former des plis à la taille, une ceinture, des manches d'une largeur qui permet d'y cacher ses mains, une guimpe de type barbette, un bandeau noir et un voile noir.

    Elles portent également une croix d'argent passée à un ruban. La guimpe est carrée, elle est fixée aux épaules, sans doute par des épingles, elle ne balotte pas de droite à gauche. Il n'y a pas de scapulaire. 

     

    religieuse de diderot

     

    religieuse de diderot

     Rivette garde un seul costume pour tout le film. C'est que la trame prime sur le reste, les décors et les costumes passent à l'arrière-plan. Nicloux garde deux couvents sur les trois et compose un habit de son cru, éloigné de ce qu'un oeil averti peut considérer comme plausible.

    Les costumes sont, non seulement fantaisistes, mais en plus ils sont mal portés. Il est vrai que, du temps de Rivette ou de Zinnemann, les quidams avaient l'habitude de croiser des nonnes en grand habit, certains détails devaient aller de soi. Un scapulaire à bretelles doit être tenus aux épaules par des épingles pour l'empêcher de balloter. Une barbette rectangulaire doit être fixée également par des épingles pour rester parallèle aux épaules et ne partir de travers quand la religieuse penche la tête.

     

     

    religieuse de diderot

     

     

     

    religieuse de diderot

     

    Les voiles des religieuses du premier couvent sont souvent mal posés. Un voile n'est pas fait pour couvrir les clavicules et descendre sur la poitrine, on le laisse pendre vers l'arrière, il ne dépasse généralement pas l'épaule, même s'il est très long. Dans le film de Nicloux, on a parfois l'impression que les nonnes portent un linge posé n'importe comment sur la tête. Une fois sur deux, il est mal agencé. Un voile qui vient trop en avant est une gêne pour les mouvements des bras. 

     

          religieuse de diderot,nicloux

     Le scapulaire qui va d'un côté, la guimpe de l'autre, le voile qui tombe n'importe comment et les bras ballants, ça ne présente pas très bien sur une nonne censée incarner le modèle de la bonne religieuse. Il faut savoir que le "désordre dans la tenue" constituait une coulpe, une faute extérieure dont il fallait s'accuser au chapitre, à l'époque.

     

    Déhabillage ou pas ?

     Voici le texte :

    Et à l’instant je leur tendis les bras. Ses compagnes s’en saisirent. On m’arracha mon voile ; on me dépouilla sans pudeur. On trouva sur mon sein un petit portrait de mon ancienne supérieure ; on s’en saisit : je suppliai qu’on me permît de le baiser encore une fois ; on me refusa. On me jeta une chemise, on m’ôta mes bas, on me couvrit d’un sac, et l’on me conduisit, la tête et les pieds nus, à travers les corridors.

     Dépouiller signifie bien "déshabiller" à cette époque, et pudeur a le même sens qu'aujourd'hui. Faut-il en déduire que Diderot signifie qu'on a mis Suzanne dans le plus simple appareil ? Sein peut avoir le sens qu'il a aujourd'hui, il peut aussi désigner la région de la poitrine. Cette partie du corps est-elle entièrement nue pour autant ? Je le rappelle, on dit des personnes en chemise qu'elles sont nues, en ce temps-là.  Il est vrai qu'on jette ensuite une chemise à Suzanne, ce qui laisse entendre qu'on lui aurait ôté celle qu'elle avait — au XVIIIe siècle les femmes ne portent rien en dessous de la chemise. Mais elle pourrait très bien serrer celle dont on l'a dépouillé tout contre elle. Et pourquoi attend-on qu'elle ait passé cette chemise pour lui ôter ses bas, tant qu'à faire ? Il aurait fallu poser la question à Diderot pour en être sûr.  Ceci dit, le déshabillage intégral relève bien plus du phantasme que de la réalité.  D'ailleurs, dans la scène où Diderot décrit la discipline en public, la communauté voit Suzanne de dos  et elle ne se découvre que jusqu'à la ceinture.

    Les conventions de l'époque empêchent Rivette, qui s'est fait censuré pour moins que ça, de montrer ou même de suggérer une telle mise à nu. Nicloux flirte avec les prises de vue lascives, les chemises translucides et la mise à nu de Suzanne.

     Crédits photos: temple du marais : Clelie Mascaret, creative commons; La religieuse, Nicloux, le pacte, capture d'écran.


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  • Miserere, d'Allegri


     

    Ps 51  Au chef des chantres. Psaume de David. 2 Lorsque Nathan, le prophète, vint à lui, après que David fut allé vers Bath-Schéba.
    3 O Dieu! aie pitié de moi dans ta bonté;
    Selon ta grande miséricorde, efface mes transgressions;
    4 Lave-moi complètement de mon iniquité,
    Et purifie-moi de mon péché.
    5 Car je reconnais mes transgressions,
    Et mon péché est constamment devant moi.
    6 J’ai péché contre toi seul,
    Et j’ai fait ce qui est mal à tes yeux,
    En sorte que tu seras juste dans ta sentence,
    Sans reproche dans ton jugement.
    7 Voici, je suis né dans l’iniquité,
    Et ma mère m’a conçu dans le péché.
    8 Mais tu veux que la vérité soit au fond du cœur:
    Fais donc pénétrer la sagesse au-dedans de moi!
    9 Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur;
    Lave-moi, et je serai plus blanc que la neige.
    10 Annonce-moi l’allégresse et la joie,
    Et les os que tu as brisés se réjouiront.
    11 Détourne ton regard de mes péchés,
    Efface toutes mes iniquités.
    12 O Dieu! crée en moi un cœur pur,
    Renouvelle en moi un esprit bien disposé.
    13 Ne me rejette pas loin de ta face,
    Ne me retire pas ton Esprit saint.
    14 Rends-moi la joie de ton salut,
    Et qu’un esprit de bonne volonté me soutienne!
    15 J’enseignerai tes voies à ceux qui les transgressent,
    Et les pécheurs reviendront à toi.
    16 O Dieu, Dieu de mon salut! délivre-moi du sang versé,
    Et ma langue célébrera ta miséricorde.
    17 Seigneur! ouvre mes lèvres,
    Et ma bouche publiera ta louange.
    18 Si tu avais voulu des sacrifices, je t’en aurais offert;
    Mais tu ne prends point plaisir aux holocaustes.
    19 Les sacrifices qui sont agréables à Dieu, c’est un esprit brisé:
    O Dieu! tu ne dédaignes pas un cœur brisé et contrit.
    20 Répands par ta grâce tes bienfaits sur Sion,
    Bâtis les murs de Jérusalem!
    21 Alors tu agréeras des sacrifices de justice,
    Des holocaustes et des victimes tout entières;
    Alors on offrira des taureaux sur ton autel.


     

    When I survey the wondrous cross
    On which the Prince of Glory died,
    My richest gain I count but loss,
    And pour contempt on all my pride.

    Forbid it, Lord, that I should boast,
    Save in the death of Christ my God,
    All the vain things that charm me most,
    I sacrifice them to His blood.

    See from His head, His hands, His feet,
    Sorrow and love flow mingled down,
    Did e'er such love and sorrow meet,
    Or thorns compose so rich a crown?

    His dying crimson, like a robe,
    Spreads o'er His body on the tree;
    Then I am dead to all the globe,
    And all the globe is dead to me.

    Were the whole realm of nature mine,
    That were a present far too small;
    Love so amazing, so divine,
    Demands my soul, my life, my all.

     



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  • Comme toujours, l'histoire que vous allez lire est vraie, seuls les noms ont été changés pour préserver la réputation des innocents.

    Pour ne pas jeter le discrédit sur un ordre religieux qui a souffert et souffre toujours de la situation, nous l'appelerons ordre de St Ores, un saint qui n'existe pas.

    Episodes précédents : Sr Fausta, soeur orésienne depuis plus de quinze ans,  a semé le trouble dans plusieurs couvents de Flandres.Après son renvoi d'un couvent en Terre Sainte, elle échoue dans une communauté près de sa fin, joue de son charme et en devient  la supérieure. Elle se met en tête de faire revivre le couvent et accueille ses premières novices. Une relation trouble la lie  à l'une d'entre elle, une quadragénaire caractérielle, Alexandra.

     

     

    Les choses fonctionnent désormais à l'envers, chez les soeurs de saint-Hilaire. La communauté est divisée de fait en deux groupes : les anciennes et le noviciat. Le noviciat lui-même est divisé : les deux premières novices et les plus jeunes.  Et parmi les deux premières novices, Alexandra a la préférence de Mère Fausta.

    Celle-ci profite de l'arrivée des forces vives pour donner un nouvel élan au monastère. Elle relance l'atelier de couture qui végétait et en confie la responsabilité à Sr Pauline, encore au noviciat. Elle en ouvre de nouveaux : boulangerie, reliure, cierges, icônes... Cela fait pas mal de travail pour seulement quatre jeunes soeurs.  Soeur Alexandra devient responsable de la boulangerie, des icônes et de la reliure en plus de l'économat et de l'infirmerie. Soeur Magda se voit confier la cuisine et les cierges, un atelier de moindre importance. Quant à Soeur Ria qui s'accroche trop souvent avec Soeur Alexandra, elle reste laissée pour compte et se sent défavorisée.

     

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    De fréquentes disputes l'opposent à son aînée et, si la maîtresse des novices désaprouvre du bout des lèvres les colères de celle-ci, elle lui donne toujours raison sur le fond. Et pourtant Soeur Alexandra peut sortir à ce point de ses gonds qui lui est arrivé de lancer de l'eau bouillante sur soeur Ria. Les autres novices vivent aussi dans la crainte de ces violentes sautes d'humeur. Sr Magda essaie de ménager la chèvre et le chou, mais elle sent que les choses ne tournent pas rond et qu'on veut lui faire considérer comme normale une situation qui ne l'est pas.

    Mère Fausta est une personne enjôleuse et susceptible qu'un rien peu faire changer d'humeur. Elle peut se montrer désinvolte et complice, un rien cabotine et l'instant d'après, pour une broutille, couvrir ses soeurs de reproches, se poser en victime, en objet d'incompréhension. Elle tient son monde par un subtil chantage affectif recouvert d'un vernis de spiritualité. 

     

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    A l'ouverture des nombreux nouveaux ateliers s'ajoutent les travaux de réfection du couvent. Les bâtiments ont été mal entretenus durant quelques décennies et Mère Fausta veut remettre les choses en état. Après la chapelle, c'est autour du réfectoire. Et comme les caisses ne se remplissent pas assez vite, les jeunes forces sont mises à contribution. Au détriment de leur santé. On rogne sur le temps de prière, de formation, de sommeil. Il arrive que des travaux de peinture se terminent tard dans la nuit. Et cela régulièrement.  Les jeunes soeurs ont plus de travail à abattre que ne leur permet leur horaire.

    Les rapports entre Sr Alexandra entre sa supérieure et maîtresse des novices sont loin d'être limpides. Les deux femmes passent leur temps à se disputer et à se raccommoder. Sr Alexandra doute-t-elle de sa vocation ? Toujours est-il que Soeur Magda l'entend passer, tard le soir, devant sa porte et rejoindre sa supérieure dans sa cellule pour tenir d'interminables conversations jusqu'aux petites heures de la nuit.

     

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    Mère Fausta ne se contente pas de cumuler les fonctions de supérieure et de maîtresse des novices. Elle garde la main mise sur leur formation. Hors de question d'envoyer les jeunes religieuses suivre des sessions organisées par son ordre ou pour les contemplatives en général. Elle proclame bien haut que cela va à l'encontre de la clôture monastique. Pourtant cela ne l'empêche pas d'envoyer ces mêmes novices passer une semaine à l'hôtellerie d'un monastère de rite oriental pour suivre quelques conférences donnés par des moines dans lesquels elle a toute confiance. Elle a trouvé chez eux de quoi de rénover la liturgie bien pauvre de son couvent et les fastes de ces rites n'est pas pour déplaire à Soeur Alexandra. Cette mise à niveau par de la liturgie se déroule dans la même vague d'excès et de désordre. A côté de leur travail harassant, les jeunes soeurs vont aussi devoir se mettre à de longues séances de répétition.

     Deux autres jeunes filles se présentent entre temps aux portes du monastère. Marie-Noëlle n'a pas encore vingt ans, elle est l'aînée d'une famille nombreuse très engagée dans le renouveau charismatique. Elle a quitté l'école à seize ans et n'exerce aucune profession. Elle cherche sa voie et visite plusieurs monastères afin de trouver ce qui pourrait lui convenir. On l'admet pour un court stage en clôture puis elle reprend ses pérégrinations. Martine est en cours aux études. Ses parents s'opposent à son projet de se faire nonne qu'elle nourrit depuis l'aube de son adolescence. Son père spirituel et les personnes qui l'accompagnent lui ont conseillé de décrocher un diplôme avant de s'engager dans la vie religieuse.

     

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    Un énième différend qui oppose Soeur Ria à sa supérieure à propos de Sr Alexandra conduit Mère Fausta a prendre une solution expéditive : elle la renvoie sans même lui donner le temps de rassembler ses effets. L'ancienne novice se retrouve dehors, sans rien, dans une hôtellerie d'un autre monastère qui accepte de l'héberger. Quand Ria raconte au père Berthold ce qui se passe à l'intérieur des murs de St Hilaire, le religieux reste sans voix. Il vient lui même rechercher les affaires de sa protégée.

     

    Les rumeurs de désordre parviennent jusqu'aux oreilles de l'évêché. Une soeur apostolique veut s'essayer à la vie contemplative. Elle commence un noviciat chez les soeurs de saint-Hilaire et en ressort épuisée, il faut l'hospitaliser. Une fois rétablie, elle fait un nouveau stage chez les soeurs orésiennes d'un autre couvent, à sainte-Barbe. Elle raconte ce qu'elle a vu et vécu au monastère de saint-Hilaire. La maîtresse des novices en est horrifiée.

     

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     Soeur Angeline est l'une de celle qui a quitté son monastère d'origine pour aller "aider" à saint-Hilaire. Elle n'a pas un caractère facile et s'accommode mal de tous ces changements. Avec le temps et les nouvelles responsabilités qui lui incombent, la vraie nature de Mère Fausta a refait surface, à la fois mielleuse et tyrannique, imbue de l'importance que sa fonction lui confère. Les caractères se frottent et font des étincelles. L'ancienne se retire une semaine à l'hôtellerie d'un monastère d'un autre ordre. Là, on lui prête de quoi écrire et des timbres. Elle envoie une relation des choses à l'évêché.

    C'est au tour de l'autre novice, soeur Magda, de s'en aller. L'échéance de sa première profession approche et elle ne sent pas à sa place à saint-Hilaire. Ce n'est pas seulement à cause de la démesure dans lequel vit le couvent. C'est aussi une affaire de spiritualité. Le mode de vie des soeurs orésiennes ne lui convient pas. Elle avait hésité entre cet ordre et celui des clorettines. Malgré les pressions et l'habile chantage affectif de la supérieure, elle fait ses paquets et s'en va.

     

    Le prélat chargé des religieuses, Mgr Lebouc, intervient, mais mollement. Il transfère soeur Angeline à sainte-Barbe. il fait une visite canonique mais n'envoie pas son rapport à Rome. Il se contente de morigéner sévèrement Mère Fausta et de lui interdire d'accepter des novices, Il ne la dépose pas de ses fonctions et il ne réagit pas quand elle passe outre de son interdiction et qu'elle accepte, à nouveau, d'autres candidates à la vie religieuse. Mgr Lebouc veut éviter à tout prix de fermer un couvent. A tout prix. Et ce prix va être lourd en vies abimées.

    Crédit photos: Cuture pub; photos personnelles.

    Episode 1 , épisode 2épisode 3épisode 4épisode 5


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    Avec la communauté de Taizé

     

     

    Nada te turbe, nada te espante ; quien a Dios tiene nada le falta

    Nada te turbe, nada te espante, solo Dios basta

     

    Que rien ne te trouble, que rien ne t'épouvante, à qui possède Dieu, rien ne manque

    Que rien ne te trouble, que rien ne t'épouvante, Dieu seul suffit.

     



    Bleibet hier und wachet mit mir.
    Wachet und betet, wachet und betet.

    Restez ici et priez avec moi

    Restez et priez, restez et priez.

     

     

     

    Mon âme se repose en paix sur Dieu seul

    De lui vient mon salut

    Oui, sur Dieu seul, mon âme se repose

    se repose en paix.

     

     

     

     

    Avec The choir of King's College



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  • Au milieu des années quatre-vingts, on présente dans la célèbre émission de Bernard Pivot, qui ce soir-là, a pour thème "femmes enfermées", l'autobiographique d'une ancienne novice des clarisses. Tout du moins, prétend-elle en être une. La relation est haute en couleur : mesquineries, mortifications d'un autres âge, privation de nourriture, etc. Le récit est effarant. Dans les mois qui suivent la parution de l'ouvrage, des émissions radiophoniques collectent une série de protestations indignées des amis du monastère des clarisses incriminé, qui s'élèvent pour laver l'honneur des nonnes.

     

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    Il est vrai que, tant qu'on n'a pas vécu dans un monastère, on ne peut pas savoir ce qui s'y passe. Tout de même, l'évêque dont dépend ce couvent, prend la défense de la communauté, et relève les différentes inexactitudes de l'ouvrage. L'une de ces contre-vérités, et non la moindre, est que l'auteure n'a jamais été clarisse et n'a jamais mis les pieds dans la communauté dont elle dresse un portrait peu flatteur.  Elle a recueilli les confidences d'une amie, qui y avait commencé un noviciat, et les a consignées dans un roman, car c'est bien le terme qu'il convient de donner à ce livre. Au passage, elle ne s'est pas gênée pour arranger les faits d'une façon à donner plus de piment à son ouvrage.

     

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    Différents articles dénoncent l'imposture dans la presse spécialisée des milieux religieux (cf la Vie Spirituelle n° 670, p 400).  La jeune auteure finit par reconnaître elle-même, publiquement, qu'elle n'a jamais été novice, ni là, ni ailleurs, tout au plus a-t-elle passé quelques mois dans un monastère italien, et que ce qu'elle présente pour une autobiographie n'en est pas une. Ni l'évêque, ni les nonnes ne jugent opportun d'intenter un procès en diffamation contre l'écrivaine et sa maison d'éditions. Décision regrettable, car près de trente ans plus tard, le livre se vend toujours avec la mention "autobiographie" et des lecteurs, faute d'informations correctes, prennent le récit pour argent comptant.

     

    Crédits photos : culture pub, captures d'écran.


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