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    Au début des années nonante, circulait dans différentes revues religieuses, un texte assez émouvant que l’on présentait comme la lettre d’une novice à sa supérieure. Une sœur Lucia Vetruse, novice bosniaque qui avait été violée lors de la guerre en Yougoslavie et qui risquait de se retrouver enceinte du fait de ses agresseurs. Elle écrivait à sa supérieure que dans ce cas, elle sortirait sortir de la congrégation, retourner vivre à la campagne, mettre au monde et élever son enfant dans un esprit de fraternité entre tous les hommes.

     

    Au cours de l' année 1996 parut un démenti. Cette lettre était un faux. Il s'agissait d'une composition littéraire d'un prêtre, Alfredo Contran qui reçut pour celle-ci un prix littéraire. On ne sait comment, elle fut prise pour une lettre authentique et reprise par différents journaux qui ne prirent pas le soin de vérifier leur source.  Ce prêtre voulait juste sensibiliser l’opinion aux sort des femmes violentées, victimes de « purification ethnique » lors de cette guerre sanglante. Il fallut du temps pour persuader certains que cette lettre n’était pas authentique. D'ailleurs, on la retrouve encore de nos jours, çà et là sur la toile,  présentée pour ce qu'elle n'est pas. A ce sujet, on peut lire cet article paru en espagnol et traduit par Google.  Et l'on lira à ce propos, avec profit, l'interview donné par le prêtre, auteur de cette lettre : l'original, ou la (mauvaise) traduction automatique. (pagina 11 - 3 aprile 1994) - Corriere della Sera)

     

     

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    Vers la même époque, un personnage haut en couleur était invité par de nombreux couvents de dominicains, de jésuites et d’autres religieux pour leur donner des conférences. Ancien rabbin converti au christianisme, il fuyait ses anciens coreligionnaires new-yorkais qui acceptaient mal sa décision, en se cachant en Europe. Féru d’hébreu, il éblouissait son auditoire par sa connaissance du talmud.

     

    Pourtant, un jour, une humble bénédictine, sœur Perce-neige décela quelque chose de bizarre. Elle fit remarquer au conférencier que la citation du texte hébraïque qu’il venait de faire, ne correspondait pas au texte qu’elle avait sous les yeux. « Mais le rabbinat de Paris a changé cette version » répondit-il. Sœur Perce-neige ne répliqua pas, mais elle se dit, et à raison, qu’aucun rabbinat au monde n’irait toucher au texte massorétique. Elle alerta les personnes autour d’elle, qui eurent du mal à la prendre au sérieux. Pourtant elle avait raison. Une semaine ou deux plus tard, l’imposteur fut démasqué : il n’avait jamais été rabbin et il avait profité de la bonne foi de ses hôtes pour se faire entretenir, payant sa pension sous forme de conférences.

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    D’autres impostures furent plus rapidement mises à jour. Ainsi, dans les années cinquante, un évêque se présenta un jour au couvent des sœurs de St Joseph. Il réclama tout de go de parler à la supérieure. La tourière lui trouva des allures fort peu ecclésiastiques. Le prélat ne portait-il pas un journal plié dans la pochette de son manteau ? Elle s’agenouilla devant lui pour qu’il lui donne sa bénédiction et le clerc bredouilla une vague formule en traçant de façon fort maladroite ce qui devait ressembler à un signe de croix.

     

    Manque de chance pour lui, le père provincial, assistant des sœurs, était alors en visite. La tourière alla le trouver et lui fit part de ses doutes. Le religieux se rendit auprès de l’évêque et lui adressa quelques mots de latin. L’imposteur ne connaissant pas un traître mot de cette langue fut rapidement démasqué.

     

     

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    Les sœurs de la transverbération reçurent un jour la visite d’un curieux personnage. Ne se disait-il pas frère missionnaire de la charité ? La tourière lui fit remarquer que cette congrégation n’était pas implantée dans le pays. « Mais je suis le premier ! »,  répondit-il. Il se présenta comme étant de haute naissance et attribua des titres ronflants à ses parents. L’une des sœurs étant de noble extraction prit ses renseignements : la famille dont le frère se réclamait n’existait pas. De plus, il se contredisait quand il s’étendait sur ce point auprès de la tourière.

     

    Il acceptait bien de donner une conférence aux sœurs sur sa congrégation et son apostolat mais leur demandait de ne poser aucune question. L’individu s’adonnait à un curieux manège. Il prenait prétexte d’aller dire son chapelet pour faire le guet devant la porte du couvent, comme s’il attendait une lettre, ou un message. Il séjourna environ trois jours à l’hôtellerie. Puis la sœur tourière retrouva la chambre vide et des cheveux coupés dans la poubelle. Les sœurs alertèrent la police. Le personnage n’était pas un inconnu de leurs services. Cet énergumène vivait en parasite des communautés religieuses qui l’accueillait tour à tout. Les policiers retrouvèrent rapidement sa trace et conseillèrent aux sœurs de lui réclamer le montant de sa pension. Notre pique-assiette déséquilibré voulut tenter une nouvelle sa chance dans le même couvent mais cette fois, les nonnes se hâtèrent de l’éconduire.

     

    Crédit photos: Jean Benguigui, Ondar (capture d'écran) ; Clipart Microsoft.


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  • Qu'est-ce que c'est la différence entre un ordre et une congrégation ?

    Pourquoi une abbaye, un abbé, une abbesse, s'appellent comme ça ?

    Un monastère et un couvent, c'est la même chose ?

    Soeur cloîtrée, qu'est-ce que ça veut dire ?

    Et tant d'autres questions encore ...

     

    Pour y répondre, je dois me lancer dans un petit aperçu historique.  Des pages et des pages seraient nécessaires pour tout raconter et, n'étant pas de cette profession, je ne vais pas faire oeuvre d'historien. Ce qui suit est donc succinct et peut-être un peu simpliste, mais j'espère que ce sera accessible au plus grand nombre.

     

    Si certains instituts religieux s'appellent ordre et d'autre congrégation, c'est pour des raisons historiques. Actuellement, l'Eglise catholique romaine ne fait plus de différences entre les deux. Autrefois on disait : dans les ordres ont fait des voeux solennels, et dans les congrégations des voeux simples. Cette distinction a aussi disparu également depuis 1983. Il n'existe plus que les voeux temporaires et les voeux perpétuels.

     

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    Un religieux, une religieuse, c'est quelqu'un qui a prononcé trois voeux: obéissance, pauvreté et chasteté. Et cela au terme d'une formation qu'on appelle un noviciat. Chez les bénédictins et tous ceux qui suivent la règle de Benoît de Nursie, on prononce d'autres voeux: obéissance, conversion de moeurs et stabilité de lieu. Autrement dit: obéir à l'abbé, le supérieur; vivre chrétiennement et ne pas changer de monastère.

     

    Au début du moyen-âge, les religieux étaient surtout des moines et des moniales, c'est à dire que le premier job était de prier. C'est ce qu'on appelle la vie contemplative. Les moines ou les moniales vivent dans un bâtiment qu'on appelle "monastère".  Pourtant, des moines et des moniales vont parfois, au cours des siècles, être amenés à exercer un apostolat, comme enseigner ou même tenir un hôpital. Parce que le monastère est aussi un lieu d'accueil du pèlerin, du voyageur et aussi le lieu où se concentre la culture.

     

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    En 1215, le quatrième concile de Latran, c'est à dire des évêques qui se sont réunis avec le pape à un endroit de Rome qui s'appelle le Latran, ont pris pas mal de décisions, et l'une d'elle disait: on n'invente plus de nouvelles règles religieuses, il faudra se contenter de celles qui existent déjà. On interdit aussi de fonder de nouveaux ordres religieux.

     

    Pourtant certains arrivent tout de même à avoir des dérogations: les carmes prouvent qu'ils ont reçu leur "formule de vie" en 1210. Elle est révisée et devient la règle de 1247. Claire d'Assise parvient à faire approuver la sienne en 1253  alors qu'on lui avait imposé, dans une premier temps, celle de Benoît de Nursie. D'autres vont parvenir à déroger à cette interdiction dans les siècles qui suivront : les annonciades, les jésuites, etc.

     

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    D'autres nouveaux instituts de femmes se verront imposer de devenir un ordre. C'est ainsi que les premières ursulines qui formaient un institut séculier avant la lettre se verront obligées de vivre cloîtrées. Et si François de Sales avait rêvé d'une simple congrégation (groupe) de femmes visitant les malades, les canons (règles) du Concile de Trente obligeront les Visitandines à garder la clôture et à devenir un ordre contemplatif (consacré à la prière).

     

    Le cloître, c'est une galerie couverte, fermée ou non, qui donne sur un préau au centre du bâtiment où vivent des religieux. Par extension, cela a désigné le bâtiment lui-même et se cloîtrer a voulu dire: entrer dans un cloître, dans un monastère. Car quand une telle maison s'appelle cloître, c'est qu'elle est soumise à la clôture. Non pas la barrière qui empêche les vaches d'aller paître ailleurs ^^, mais le fait qu'une telle maison de religieux soit fermée à qui n'en fait pas partie. Une soeur que je connaissais, disait, non sans malice: "La clôture, c'est simple: nous ne sortons pas de chez nous et les autres n'entrent pas chez nous".

     

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    La clôture n'existe pas au début de la vie religieuse, mais les scandales et les guerres font qu'elle finit par s'imposer, surtout aux femmes. Scandales, puisqu'il faut séparer, dans certains instituts mixtes, les moines d'avec les nonnes. Les guerres où il faut protéger les nonnes du manque de "considération" des soudards.  La clôture est d'abord adoptée librement puis finalement imposée à la fin du XIIIe siècle pour se renforcer au XVIe. Ce concept de séparation avec le monde extérieur se matérialise avec des hauts murs, des grilles, de lourdes portes fermées à clé.

     

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    Parce qu'on leur a imposé la clôture, toutes les soeurs deviennent des moniales. Cela arrange très bien celles qui vivent une vie purement contemplative, c'est à dire qui partagent leur temps entre la prière et l'artisanat. Mais cela complique les choses de celles qui tiennent un hôpital ou une école. Certaines vont accueillir des pensionnaires à l'intérieur de la clôture. Les hospitalières vont tout de même poursuivre leur oeuvre charitable dans l'hôpital attenant à leur cloître mais certaines finiront par renoncer à tout apostolat pour mener une vie purement contemplative.

     

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    Les décisions des différents conciles ne vont pas mettre un frein à la naissance d'autres instituts de vie consacrée. Pour offrir une vie religieuse qui ne soit pas obligatoirement monastique à des femmes qui veulent s'adonner à un apostolat, une oeuvre charitable, s'ouvre une autre possibilité: les congrégations. Congrégation est un mot qui signifie "rassemblement", "regroupement". Des femmes se mettent ensemble, parfois sous la houlette d'un prêtre, pour répondre à un besoin de l'époque et du lieu où elles se trouvent : soigner les malades, enseigner aux enfants pauvres. Elles portent un uniforme, un costume propre à leur congrégation et se font appeler "soeurs"

     

    Ces femmes ne font pas de voeux comme les moniales, ou du moins, les voeux qu'elles prononcent sont d'abord considérés comme des voeux privés, sans valeur juridique pour l'Eglise à laquelle elles appartiennent : une formule pieuse qui ne lie pas celle qui la prononce avec la même force et la même contrainte que ce qui lie une moniale. Par la suite, les autorités ecclesiastiques finissent par les reconnaître et les appellent "voeux simples", en opposition aux voeux solennels des moniales.  Elles ne sont pas non plus astreintes aux mêmes prières, aux mêmes (longs) offices, à moins que le fondateur ou la fondatrice en ait décidé autrement.

     

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    C'est que, à côté des congrégations apostoliques, qui s'adonnent à de bonnes oeuvres, des congrégations contemplatives vont aussi voir le jour, surtout au XIXe siècle. Et certaines demanderont à accéder au statut de moniales et en adopteront la clôture stricte. Les congrégations féminines apostoliques reçoivent aussi une forme de clôture, mais moins sévère, adaptée aux oeuvres auxquelles elles s'adonnent.

     

    Toutes ces canons, c'est à dire ces lois d'Eglise, qui s'accumulent, s'abrogent, se mitigent ou se confirment au cours des siècles ont besoin d'être remises en ordre. C'est ce que fait le code de droit canonique en 1917. Ce code définit ainsi la clôture majeure, la clôture mineure, les voeux solennels et les voeux simples. Mais en 1983 ce code est mis à jour. C'est qu'entre temps, le concile Vatican II, et l'aggiornamento, qu'il a entraîné a modifié pas mal de choses. La seule distinction entre les voeux c'est qu'ils sont temporaires ou perpétuels. On n'y parle plus d'ordre ou de congrégation mais d'instituts de vie consacrée.

     

    J'ai parlé plus haut d'institut séculier. De quoi s'agit-il ? Ce sont des personnes qui, au terme d'une formation au sein d'un institut, prononcent les trois voeux de religion mais ne mènent pas de vie communautaire. Chacun ou chacune vit chez soi et continue à vivre la vie de tous les jours, avec un travail, comme tout le monde et un temps consacré à la prière. Les membres de ses instituts se rencontrent régulièrement pour des formations ou des animations spirituelles.

     

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    Le dictionnaire vous apprendra qu'un abbé ou une abbesse est le ou la supérieur(e) d'une abbaye et que l'abbaye est un monatère dirigé par un abbé ou une abbesse. Ce qui vous fera tourner en rond. Abbé (d'un mot qui veut dire "père")  est tout simplement le terme par lequel on désigne le supérieur dans certains ordres, notamment, mais pas toujours, là où on suit la règle de Benoît de Nursie. C'est l'importance du monastère qui le fera passer du stade de prieuré à abbaye chez les bénédictins et les cisterciens. Le prieur, d'un mot latin qui veut dire "premier", est le suppérieur d'un prieuré. Les chartreux n'ont pas d'abbayes.

    Bien qu'ils suivent la règle d'Augustin d'Hippone, les prémontrés vivent aussi dans une abbaye. Et la supérieure d'un couvent de clarisses est appelée abbesse, sans doute parce que les premières d'entre elles suivirent d'abbord la règle de Benoît de Nursie.

     

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    Et le mot couvent ? C'est ainsi qu'on désigne la maison où vivent des religieux, des religieuses qui ne sont pas forcément moines ou moniales. C'est le terme qu'on emploiera pour les ordres dits mendiants comme les augustins, les dominicains, les franciscains, etc.

     

    Crédit photos : Code de droit canonique, amazon.fr ; Jeanne de Valois, domaine public ; missel romain, Lionel Allorge, wikimedia commons ; Abbaye Sint Trudo, LimoWreck, wikimedia commons; Lessines, hôpital ND à la rose, auteur du blog; rencontre de François et Dominique, Fra Angelico, domaine public.

     

     

     

     

     

     


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    Claude Goudimel: Du fond de ma pensèe doulce.

     


     

    Le Miserere d'Allegri interprété par le Trinity College Cambridge

     



     


    Huub Oosterhuis  De steppe zal bloeien (la steppe fleurira)

     


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  • Cette fois-ci , c'est au tour d'Enquêtes réservées de phantasmer sur les carmélites. (Au nom du père)

     

    Le costume est, dans l'ensemble, bien respecté, c'est déjà un bon point. On commence par voir une nonne qui va chercher de l'argent au distributeur de billets.  Un peu curieux, car rien n'indique qu'il s'agit d'une soeur tourière. Soit, on apprend plus tard qu'elle était économe. En général, on fait plutôt venir le banquier au couvent. La soeur est assassinée. La gendarmette explique qu'il n'a pas été facile d'avoir un rendez-vous avec la supérieure. Puis elle ajoute que les carmélites ont fait voeu de silence. Un voeu de silence qui n'a jamais existé que dans les délires féconds des légendes urbaines.

     

    Les gendarmes frappent à la porte — à croire qu'une soeur se tient en permanence derrière dans l'attente d'un possible visiteur — une novice ouvre un judas puis fait entrer les gendarmes à l'intérieur du couvent même. Elle ne desserre pas les dents quand on l'interroge  à cause du prétendu voeu de silence. La supérieure répond aux questions des gendarmes dans les cloîtres où ils rencontrent le confesseur. Ce confesseur est omniprésent et se promène un peu comme il veut dans le couvent. Et chaque fois que les gendarmes se rendent dans ce monastère, ils l'y rencontrent.

     

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    Beaucoup d'erreurs en peu de temps. On ne fait pas entrer les visiteurs à l'intérieur du monastère, la partie réservée aux nonnes, qu'on appelle "clôture".  Les visiteurs sont reçus au parloir. Si les gendarmes veulent entrer en clôture, ils ont besoin d'un mandat. Par contre, soyez sûrs que si une soeur venait à être assassinée, la supérieure recevrait les enquêteurs séance tenante, sans rendez-vous, quitte à se libérer des obligations de l'horaire conventuel.

     

    On ne confie pas non plus à une novice la charge d'aller ouvrir la porte. Et naturellement, il y a une sonnette à la porte, souvent même un parlophone. Ouvrir la porte, c'est le rôle de la tourière, celle qui est chargée des rapports avec l'extérieur et d'accueillir les visiteurs.  Quand il n'y a pas de tourière, les soeurs assurent cette fonction à tour de rôle, mais ce sont toujours des professes de voeux définitifs.  Certaines communautés ont un ou une concierge laïc.

     

    A cause de la clôture, on ne fait pas entrer non plus le confesseur à l'intérieur du monastère, on se confesse au parloir ou au confessionnal s'il y en a un. Le rôle du confesseur est ... de confesser et rien d'autre. Il a bien d'autres activités dans sa vie de prêtre à côté de celle-là et il ne se pointe au couvent qu'à l'heure dite. Quant au silence, il s'impose dans ce qu'on appelle "les lieux réguliers": cloîtres, réfectoire, chapelle, ... on ne tient donc pas de conversation dans le cloître ou dans un couloir.

     

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    Mettons au nombre des erreurs folkloriques le nom "d'ermitage St Ignace" pour ce couvent de carmélites. Un couvent de carmélites s'appelle "un carmel" et il est le plus souvent dédié à un saint de l'ordre ou que l'ordre vénère ou encore au sacré-coeur, à la trinité, etc.

     

    On voit aussi l'intérieur d'une cellule (une chambre de nonne), lors d'une perquisition, pas très près de la réalité : une étagère assez conséquente, couvertes de livre, un vase avec des fleurs, des photos ... Dans la réalité, les soeurs empruntent à la bibliothèque les livres qu'elles veulent lire et les gardent le temps qu'il faut sur un petit rayonnage. Elles ne fleurissent pas leur propre cellule. Et, là où on les autorise à garder quelques photos, elles ne les exposent généralement pas. Les murs sont le plus souvent nus.

     

    On verra aussi la novice le chapelet à la main quand elle parle aux gendarmes, ce qui ne se fait pas dans la réalité : on ne peut pas prier et tenir une conversation en même temps.  Les réalisateurs aiment beaucoup montrer des soeurs qui se promènent dans allées du couvent, alors que dans les faits, elles ne se déplacent que pour se rendre d'une activité à une autre. Les carmélites ne mettent pas non plus les mains dans les manches au dessus de leur scapulaire, mais en dessous.

     

    Un peu plus tard, la novice se rend d'elle-même à la gendarmerie pour apporter des renseignements aux enquêteurs. Comment a-t-elle fait ?!  Le couvent n'est pas une prison, mais dans la réalité, il lui aurait été beaucoup plus facile de téléphoner que d'emprunter la voiture communautaire.

     

    C'est au tour de la supérieure (les scénaristes ignorent qu'on l'appelle "prieure" au carmel) de se rendre chez les gendarmes. Elle leur explique que la soeur assassinée voulait quitter les ordres et elle emploie les mots: "reprendre ses voeux", ce qui ne veut rien dire. On dira "renoncer à ses voeux" ou mieux "être relevé de ses voeux". Le terme propre est  "être sécularisé". Et puis on fait dans le scabreux. On apprend que la nonne assassinée a eu des relations intimes avec le confesseur, qu'elle a eu un enfant de lui, âgé de trois ou quatre ans.

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    La nonne enceinte est un autre phantasme courant. Dans la pratique, il est  très difficile dans un monastère soumis à la clôture, d'avoir de tels contacts. Ensuite, cacher la grossesse et aller accoucher aux urgences sans que quelqu'un dans la communauté s'en aperçoive relève de la science-fiction. Une absence hors de clôture se remarque, elle doit se justifier par des motifs graves. Et quand une religieuse se retrouve enceinte parce qu'elle a manqué volontairement à ses voeux, elle est renvoyée, tout simplement.

     

    Mais il faut dire que la plupart des scénarios de cette série doivent certainement faire sourire les gendarmes, vu les incohérences et leurs invraisemblances. Alors, un peu plus, un peu moins...

     

     Crédit photos: France3 ; Canalplus-Caledonie;Enquêtes réservées : @ François Lefebvre, FTV ;  www.carmelbelgolux.be.

     


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