• Comme toujours, l'histoire que vous allez lire est vraie, seuls les noms ont été changés pour préserver la réputation des innocents.

     

    Pour ne pas jeter le discrédit sur un ordre religieux qui a souffert et souffre toujours de la situation, nous l’appellerons ordre de St Ores, un saint qui n'existe pas.

     

    Sr Fausta, soeur orésienne depuis plus de vingt ans, a semé le trouble dans plusieurs couvents de Flandres et s'est fait renvoyer d'un autre en Terre Sainte. Elle échoue dans une communauté près de sa fin, joue de son charme et en devient  la supérieure. Elle accueille ses premières novices et impose au couvent un mode de vie déséquilibré. Des novices et une soeur conventuelle préfèrent quitter le monastère et les premières plaintes parviennent aux oreilles des responsables ecclésiastiques.Pourtant le monastère continue à accueillir des candidates qui se trouvent confrontées au caractère manipulateur de leur supérieure et maîtresse des novices. Äpre au gain, elle se lance dans des projets grandioses d'agrandissement et embellissements des bâtiments. Dans un jeu de séduction larvée envers l'une de ses premières candidates, Alexandra, avec qui elle entretient une relation trouble, elle développe une liturgie splendide mais trop lourde pour le mode de vie du couvent. Par ailleurs, elle néglige la santé de ses soeurs , se montre  jalouse de ses jeunes candidates et développe une curiosité malsaine dans leur façon de vivre la chasteté. 

     

    Vocations ?

     

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     Nous avons déjà parlé de Soeur Pauline. Pour rappel, elle est rentrée à dix-neuf ans dans la congrégation où elle a été pensionnaire. Elle a vécu dans des communautés liées à un établissement scolaire puis à un internat. Sa vocation pour la vie contemplative lui vient après une retraite dans le cadre du renouveau charismatique. Ses supérieures d'alors ont-elles soupçonné une propension à prendre la fuite face aux réalités de la vie ou étaient-elles jalouses de l'une de leurs précieuses recrues ? C'est que la congrégation voyait son recrutement se tarir en Europe. Toujours est-il qu'elles ont tout fait pour l'empêcher de contacter un monastère de l'ordre. Elles ont envoyé des avertissements à tous les couvents de l'ordre de St Orès... en France ! Mais Sœur Pauline est allée se présenter en Belgique, à Saint Hilaire. Et malgré l'intervention des supérieures de la première congrégation, Mère Fausta a accueilli Soeur Pauline à bras ouverts. Il faut dire que c'est une bonne religieuse, douce, patiente, mais malheureusement avec une propension à s'effacer exagérément devant sa nouvelle supérieure qui la tient en piètre estime. Certes, elle lui reconnaît des vertus, mais peu de qualités humaines.

     

    Nous nous sommes déjà penché sur le cas de Soeur Alexandra. Passons à Marie-Noëlle. Elle a grandi dans une famille nombreuse dont la piété tourne à la bigoterie. Une émulation malsaine à qui sera la plus vertueuse, la plus sainte, la plus ... mystique sévit dans la famille qui finira par éclater peu après son entrée. Un événement très douloureux pour la jeune femme qui devient le fer que retourne dans la plaie la colérique Alexandra. La jeune nonne a été habituée, dès son plus jeune âge à assumer pas mal de responsabilités, à prendre des initiatives, à agir selon son bon sens. Elle oscille entre une piété surfaite et compassée, qui se repaît de phénomènes mystiques secondaires pas toujours de bon aloi, d'une part, et une spontanéité, une énergie débordante, une envie d'agir et de créer, d'autre part. Ses difficultés à s'adapter à la vie du cloître sont évidentes pour tout le monde, sauf pour Mère Fausta qui la veut à tout prix, même si cette recrue lui donne du fil à retordre par ses révoltes. Car Sœur Marie-Noëlle n'est pas du genre à se laisser dire ou à se laisser faire. Elle devient rapidement le vilain petit canard du noviciat.

     

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    Plutôt que de la renvoyer dans le monde où elle serait plus à sa place, Mère Fausta prolonge son noviciat de six mois en violation des règles et du droit canon. En effet, un noviciat dure un an minimum, deux ans maximum. Là où il dure un an, on peut le prolonger de six mois, mais pas quand il dure déjà deux ans, comme à Saint Hilaire. Les prolongations n'arrangent rien à l'affaire. Pendant un moment, elle est dispensée de certains offices parce qu'elle ne les supporte plus. Mère Fausta déclare qu'elle a une vocation de "service" et lui fait faire davantage de tâches ménagères. Elle lui fera même faire du vélo pour "fortifier ses nerfs". Sa profession perpétuelle est également ajournée. Mais les sœurs de la communauté ne savent pas que, pendant qu'elles discutent de son admission à la profession, au chapitre, Sœur Marie-Noëlle prie de tout son cœur pour qu'elles ne l'acceptent pas. Comme ce n'est pas le cas, elle n'ose pas prendre l'initiative de s'en aller.

     

    Sœur Martine désire depuis très longtemps s'engager dans l'ordre. Elle le fait malgré les réticences de sa famille. Elle pense avoir trouvé l'endroit où Dieu la veut. Mais après la période de séduction où elle est très enthousiasmée, arrive le moment de la démolition. Celle-ci coïncide avec la prise d'habit. Elle se heurte désormais comme les autres à la susceptibilité de la prieure. Plutôt que de voir les choses en face, elle lui cherche des excuses, de bonnes raisons. L'emprise de la séductrice est telle, que la jeune femme met de côté sa culture et son bon sens. Elle développe un attachement pathologique à sa supérieure et à son alter-ego, elle régresse dans des comportement infantiles, elle devient dépendante affectivement. Elle se croit obligée d'aller lui raconter tout ce que Sœur Marie-Noëlle fait de travers, sous prétexte de se soulager des luttes intérieures que ce comportement provoque. Quand elle se sent repoussée, laissée de côté, elle sombre dans des épisodes dépressifs. Les crises de larmes sont fréquentes, d'autant plus qu'elle manque de sommeil. Sa vie antérieure ne l'a pas préparée à rogner sur son repos ni à s'adonner à des travaux physiquement exigeant.

     

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    Mère Fausta a trouvé cette faille en elle et n'hésite pas à en jouer, en jouant le chaud et le froid. Elle lui fixe un rendez-vous pour un entretien spirituel puis lui pose lapin sur lapin, manquant chaque fois à sa promesse. Sœur Martine s'en montre-t-elle attristée ? Elle se moque d'elle de manière vulgaire, se riant de ses larmes. La supérieure ne peut supporter que la jeune femme la prenne de temps à autre en défaut sur ses connaissances, car elle se présente comme un puits de sciences. Alors elle met en opposition les connaissances de la novice et sa maladresse congénitale. Cette culture générale est la seule chose qui valorise encore Sœur Martine et elle s'y raccroche parfois maladroitement, écorchant au passage Sœur Marie-Noëlle qui a dû interrompre ses études. Elle s'opposera seulement deux fois à sa maîtresse des novices et supérieure. Celle-ci va alors exercer un tel chantage affectif que la jeune nonne, déstabilisée, finit par lui céder et s’aplatir complètement devant elle, dans un désir maladif d'être "en ordre" et de fuir tout conflit. Mais elle devra subir, comme les autres, la rancune tenace de la supérieure. A plusieurs reprises, Sœur Martine se trouve coincée entre sa conscience et les reproches de sa supérieure.  Elle ne voit pas où elle le mal ou la faute qu'elle aurait pu commettre, car elle n'en a commise aucune mais Mère Fausta persiste à lui asséner qu'elle a mal agi.

     

    Une femme entre deux âges réside depuis un bon moment au quartier d'accueil. Les deux novices s'amusent parfois de sa façon très raide la génuflexion et s'imagine que sa dévotion doit être tout aussi raide. Il n'en est rien. Un jour cette sympathique quinquagénaire demande à faire un stage en clôture. Elle s'appelle Marie-Claude et cherche sa voie spirituelle. Elle commence donc un postulat. Elle se donne généreusement mais il lui est difficile de rentrer dans une voie toute tracée. Sœur Martine, avec son désir maladif "d'être en ordre" doit ronger son frein en la voyant faire tout le contraire de ce qu'on lui demande avec un sourire béat. La postulante ne comprend tout simplement pas ce qu'on lui veut. Après quelques mois, son caractère enjoué se ferme, elle perd sa gaieté. Il devient assez évident qu'elle n'est pas faite pour la vie conventuelle. Comme la candidate n'est plus toute jeune, Mère Fausta, cette fois, veut bien se rendre à l'évidence. Elle l'envoie "prendre du repos". Elle lui conseille même de prendre contact avec un couvent du même ordre où la quinquagénaire prendra l'habit et passera deux ans. Marie-Claude passera ensuite à un autre monastère qu'elle quittera tout en gardant l'habit. Et alors qu'elle n'a jamais fait profession, elle se promènera dans la nature toujours habillée en religieuse et se faisant appeler "Sœur".

     

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    Une autre candidate se présente peu après. Valérie est fille unique, elle a été éduquée dans des établissements catholiques mais ses parents sont loin d'être pieux.  C'est contre leur avis qu'elle entre un jour à Sainte-Anne, un couvent de l'ordre, pour y commencer son noviciat. Elle s'enfuit carrément de la maison familiale alors qu'elle est majeure depuis longtemps et laisse une lettre expliquant son départ sur son oreiller. Ce monastère est, à cette époque, fort guindé et cérémonieux, voire exigeant envers les candidates. Valérie a eu un père exigeant qui lui a imposé des études et une orientation professionnelle qu'elle n'aime pas, mais sur d'autres points, elle a été une petite fille choyée, gâtée. Sa piété a quelque chose d'enfantin, de sentimental. Elle cherche plus les consolations de Dieu que le Dieu des consolations. Il lui est difficile de s'adapter à ce qu'on attend d'elle. Elle n'a aucune notion d'ascèse ou de renoncement, elle a horreur de faire le ménage et elle se rebiffe devant certaines tâches qu'elle n'a pas envie d'assumer. La communauté décide de la renvoyer au cours de son noviciat.

     

    Cet échec la plonge dans un état dépressif et elle veut à nouveau fuir le domicile paternel. L'élan mystique n'en est éteint pour autant. La jeune femme connaît une parente de Sœur Agnès. C'est par ce biais qu'elle prend contact avec le couvent de Saint Hilaire. Mère Fausta déclare tout de go que si la candidate n'a pas persévéré à Sainte-Anne, c'est parce ce monastère est conservateur et qu'il ne sait pas s'adapter aux jeunes filles actuelles. Après un court stage en clôture, Valérie rejoint le noviciat. Elle est loin d'avoir l'énergie de Sœur Marie-Noëlle et les scrupules de Sœur Martine. Quand on l'a fait participer pour la première fois à des travaux de peinture qui se prolonge tard le soir, elle déclare simplement qu'elle s'en va dormir, une fois qu'il est vingt-deux heures. Valérie ne sera pas du genre à se sentir coupable à prendre son repos ou son loisir alors que d'autres se pensent obligées à se tuer à la tâche.

     

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    Comme elle me le confiera bien plus tard,  Valérie tient rapidement Mère Fausta pour "une sainte vivante" un "Jésus sur terre". Elle développe, elle aussi, un attachement pathologique à sa maîtresse des novices. Il lui faudra beaucoup de temps et bien des errances avant de s'en défaire totalement.

     

    Un personnage haut en couleur vient se présenter à Saint Hilaire. Nommons-la Gemma. Elle est d'origine italienne, pieuse, d'une piété parfois mal informée mais de bon aloi. Elle est spontanée, d'une seule pièce, aussi franche qu'aimable et serviable, mais malheureusement indécise, incapable de prendre une orientation. Depuis près d'un an, elle cherche sa voix. Elle a trouvé Dieu dans une petite communauté nouvelle, d'inspiration franciscaine. Mais le frère Luc, le fondateur, est en prise avec des difficultés internes : les premiers frères sont partis, faute de discernement et de formation adaptée. Il a le bon sens de se faire aider par des religieux amis. Sa communauté masculine commence à revivre et à renaître de ses cendres. Il comprend que ce n'est pas le moment de fonder une branche féminine. Et surtout pas avec Gemma. Elle est gentille, mais pas très réaliste. C'est difficile, pour cette femme qui va vers ses quarante ans, de se faire une raison. Elle va voir ailleurs, dans des communautés de même style, mais n'y trouve pas ce qu'elle cherche. Elle passe aussi par Saint Hilaire et y fait deux stages. Ce n'est pas qu'elle ne s'y plaît pas, elle se plaît partout, dit-elle.

     

     

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    Et pourtant, Mère Fausta se met en tête de la convaincre que Dieu l'appelle dans son ordre. Elle déploie toute son bagout et sa force de persuasion. Gemma part du premier stage sans être convaincue. Mais elle demande à revenir une seconde fois, ne trouvant sa place nulle part. Les aînées du noviciat ne comprennent pas pourquoi Mère Fausta la veut absolument. La trentenaire ne montre pas vraiment des signes de vocation convaincants. Elle est très bavarde et pas du tout décidée. Elle revient tout de même commencer un postulat. Il ne lui faut pas longtemps pour se rendre compte qu'elle ne fera pas long feu à Saint Hilaire. Elle prépare cachément ses paquets et attend la visite du frère Luc venu pour une conférence car il n'est pas question qu'elle rate une telle occasion. Une fois le moinillon parti, elle s'en va et pour de bon, mettant Mère Fausta devant le fait accompli. Pour avoir fait un stage dans un autre couvent du même ordre, elle n'y a pas reconnu le même esprit, la même spiritualité.

     

     

    Entre temps, deux jeunes femmes sont venus s'essayer à la vie religieuse, Bénédicte et Hélène. Bénédicte est une jeune veuve qui a travaillé comme secrétaire avant de s'orienter vers la vie consacrée. Elle fait un stage puis commence son postulat. Bénédicte a vécu, elle ne s'en laisse pas conter facilement. Elle n'est pas longue à débusquer les anomalies et les contradictions de la vie à St Hilaire. La soumission aveugle, ce n'est pas pour elle. Elle n'hésite pas à dire à Mère Fausta qu'elle ne peut pas être au four et au moulin, quand celle-ci lui reproche de mal entretenir le bout de jardin qu'elle lui a confié. Elle prend avec désinvolture et même avec agacement les recommandations de Sœur Martine chargée de l'initier aux usages de la cuisine de la communauté. De même, elle n'a pas envie de se plier aux indications d'Alexandra qui lui apprend comment faire des icônes collées sur bois. Elle ne se prive pas de dire aux novices que la supérieure veut toujours avoir raison. Les explications pieuses et préformatées de Sœur Marie-Noëlle et de Sœur Martine ne la convaincront que d'une chose : elles ont développé un attachement anormal à la prieure ou même à son binôme qui a effacé chez elles tout esprit critique.

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    Mère Fausta a bien envie de faire plier sa postulante. Elle l'oblige à lire à son tour, comme les autres, les lectures bibliques de l'office. Pourtant, Bénédicte souffre d'un blocage qui fait qu'elle est incapable de lire à haute voix en public. Mère Fausta s'en joue et veut la faire plieur. Mais elle finira par le regretter. Un jour, Bénédicte laisse éclater sa colère et lui dit son fait puis elle quitte le noviciat. Il faut dire que pour certaines, c'est soulagement de voir s'en aller cette forte tête. Et pourtant Bénédicte a un petit regret. Elle revient une semaine après être partie. Mère Fausta préfère confier sa formation culinaire à Sœur Pauline car elle ne peut plus voir Sœur Martine en peinture. La jeune nonne, dans son obsession d'être dans l'obéissance a mis trop de soin à  faire rentrer la postulante dans le moule et ses sorties maladroites qui se voulaient drôles n'ont pas pris la postulante dans le sens du poil. Bénédicte ne restera pas longtemps. Elle reçoit les confidences de Gemma prête au départ, n'en pipe mot et s'en va peu après. 

     

    Nous en venons donc à Hélène qui est entrée peu avant Bénédicte. Elle a la quarantaine bien entamée et a exercé des fonctions importantes dans une entreprise. Elle est intelligente, cultivée, mais sa personnalité n'est pas très équilibrée. Elle a une étrange propension à prendre la mouche pour des choses anodines, à prêter des  intentions agressives aux autres. Elle se cache derrière un sourire formel, de façade et se ferme complètement dès qu'on la contrarie dans ses convictions, elle élude alors la conversation. Hélène s'est essayée ailleurs à la vie religieuse, dans un autre ordre. Les sœurs de là-bas l'ont jugée impossible à former. Quand Mère Fausta la présente à la communauté à la vêture, elle se garde de communiquer ce détail aux capitulantes. Malgré son handicap de caractère, Hélène est sans doute moins dupe sur la situation du monastère que les autres jeunes nonnes qui s'y trouvent. Nous aurons l'occasion d'y revenir plus tard.

     

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    Une quadragénaire vient rejoindre Hélène au noviciat. Claudine a un métier paramédical qu'elle exerce consciencieusement auprès de personnes handicapées mentales. Elle est gentille, patiente, mais peu résistante physiquement. Elle a aussi un idéal de vie communautaire peu réaliste : la communauté fusionnelle. De fait, sa personnalité se dissout dans la masse. Elle devient incapable de prendre des décisions, elle demande des permissions pour un oui ou pour un non. On ne sait trop à quoi elle passe ses journées. Elle arrive en retard au travail et son regard est vide. Un père orésien en visite s'étonnera de son faciès figé. "Mais souriez, ma soeur, lui lancera-t-il gaiment." En petit comité, il la surnommera "le sphynx".

     

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    Au début des années nonante, deux autres personnes passeront à St Hilaire sans y rester. Une femme âgée, encore mariée mais en instance de divorce commence un postulat malgré l'empêchement canonique. On l'a refusée ailleurs parce qu'elle n'avait pas obtenu les dispenses nécessaires. Peu importe pour Mère Fausta : cette femme a de l'or dans les doigts, c'est une couturière professionnelle très douée qui sera de grande aide à l'atelier de confection. Elle souffre cependant d'allergies telles qu'elle doit se laver plusieurs fois par jour, ce qui l'empêche d'être présente à certains actes de communauté. Elle suit également un régime particulier qui lui interdit certains aliments.  Se sent-elle mal à l'aise au sein du couvent, en décalage avec ses compagnes de noviciat ? A-t-elle un mauvais pressentiment ? Toujours est-il qu'au retour d'un congé hors monastère pour régler une affaire temporelle, elle annonce qu'elle quitte le noviciat pour raison de santé.

     

    Après elle vient une tertiaire, plus jeune mais dans la même situation matrimoniale, qui, elle aussi, n'a pas les dispenses nécessaires. Empêchée d'entrer en communauté par le vicaire épiscopal qui remplace désormais le vieux prélat à la retraite, elle se propose d'aider Caroline à l'accueil. L'expérience tourne court. Cette femme d'âge mûr se rend bien compte qu'elle ne retrouve pas à St Hilaire l'esprit de l'ordre, ni le climat qu'elle a pu percevoir dans d'autres monastères orésiens. Elle prend ses dispositions et s'en va après quelques mois.

     

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    Le noviciat qui recrute autant, comme celui de Saint Hilaire, a de quoi faire envie, vu de l'extérieur. Mais quand on y regarde de plus près, on y voir une belle brochette de femmes qui n'ont rien à faire dans un cloître : sans réelle vocation, sans aptitude pour la vie communautaire, sans esprit religieux, voire déséquilibrées ... aucune n'a persévéré dans cette voix. Lorsque certaines rescapées de cette époque se retrouvent entre elles pour parler de cette époque, elles se disent l'une l'autre quel était leur état de détresse psychologique, à cette époque.

     

    Crédits photos : Photolibre, Culture Club, The Nun's story, La religieuse de Rivette, montages personnels avec poupées mannequins

     

     

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  • Comme toujours, l'histoire que vous allez lire est vraie, seuls les noms ont été changés pour préserver la réputation des innocents.

    Pour ne pas jeter le discrédit sur un ordre religieux qui a souffert et souffre toujours de la situation, nous l’appellerons ordre de St Ores, un saint qui n'existe pas.

     

    Sr Fausta, soeur orésienne depuis plus de vingt ans, a semé le trouble dans plusieurs couvents de Flandres et s'est fait renvoyé d'un autre en Terre Sainte. Elle échoue dans une communauté près de sa fin, joue de son charme et en devient  la supérieure. Elle accueille ses premières novices et impose au couvent un mode de vie déséquilibré. Une relation trouble la lie à l'une d'elle , Alexandra, à qui elle confie prématurément, pas mal de responsabilités. Des novices et une soeur conventuelle préfèrent quitter le monastère et les premières plaintes parviennent aux oreilles des responsables ecclésiastiques.Pourtant deux jeunes filles , Marie-Noëlle et Martine entre dans ce couvent. Elles se trouvent confrontées au caractère manipulateur de leur supérieure et maîtresse des novices. Celle-ci tâche d'acquérir par tous les moyens des fonds pour agrandir le monastère en dépit du bon sens et de la santé de ses soeurs.

      

    Faste et séduction

    Comme cela a été expliqué plus haut, des liens très particuliers lient la Mère Fausta à Sœur Alexandra. Elles forment un binôme à la fois fusionnel et conflictuel. D'un côté, elles ne peuvent se passer l'une de l'autre, d'un autre côté, elles passent leur temps à se disputer. Mère Fausta a développé un attachement trouble envers son alter ego et la défend bec et ongles dès qu'un incident survient. Dès qu'une dispute survient, Mère Fausta commence par " Sœur Alexandra a tort de se fâcher, mais toi, tu as tort d'avoir fait ceci ou cela qui l'a provoquée." Malgré cela, Alexandra a du mal à trouver sa place dans la communauté, à cause de son caractère colérique. Même après avoir prononcé ses vœux perpétuels, elle remet régulièrement en doute sa vocation.

     

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    A y regarder de plus près, Mère Fausta ne fait rien pour éviter les conflits entre Sœur Alexandra et Sœur Marie-Noëlle. Au contraire, son attitude ne fait que les attiser. Soeur Alexandra, si raide sur des questions futiles doit travailler avec Marie-Noëlle, si fantasque et indépendante. La supérieure manque d'une totale discrétion et va lui raconter des détails très privés sur la jeune novice et sur sa famille. Quand Sœur Alexandra explose, elle ne manque pas de traiter de toute sorte de nom d'oiseaux la parenté de la jeune sœur, ce qui la blesse profondément. Lorsque  Bénédicte, déjà quadragénaire s'essaiera à la vie religieuse, son caractère désinvolte provoquera également la furie de sa responsable de travail. Il ne viendrait pas à l'esprit de Mère Fausta de ne pas confier de subalternes à Sœur Alexandra.

     

    Les colères de cette nonne peuvent également se prolonger chez et envers la supérieure. Ce sont des éclats de voix, des cris et des courses poursuites dans les couloirs, tard le soir, quand toutes les sœurs sont couchées. Mère Fausta en viendra même à isoler le plafond de son bureau contre le bruit. Ces sautes d'humeur peuvent prendre un caractère très violent et pas seulement verbalement. Un jour, Sœur Alexandra envoie voler les icônes qu'elle fabrique à travers la pièce, en criant si fort qu'on l'entend de l'autre côté de la rue. Une autre fois, elle va jusqu'à enfermer à clé Mère Fausta dans son bureau et ne vient la délivrer qu'au moment de la messe quand il faut aller communier.

     

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    Comme Sœur Alexandra trouve son réconfort spirituel dans la liturgie, Mère Fausta développe celle-ci dans un sens tout aussi démesuré qu'irrationnel. Au début, il ne s'agit que de remplacer quelques hymnes pas très réussies quant au texte et à la musique. On emprunte à un monastère voisin des chants en français sur des mélodies grégoriennes, on s'initie à la polyphonie que compose un dominicain bien connu dans ce domaine . Mais cela ne suffit pas.

     

     

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    Après un petit stage dans un monastère de rite oriental, Mère Fausta et Sœur Alexandra sont prises d'un intérêt soudain pour la liturgie byzantine et en insèrent des éléments dans l'office romain. Alors que les journées sont longues et chargées, qu'il y a plus de travail que de bras, les deux femmes n'hésitent pas à allonger les vigiles des fêtes avec des prières et des chants supplémentaires parce qu'elles les trouvent "priant".  D'années en années, les murs du chœur des nonnes se chargent d'icônes véritables, peintes à la main, sur commande. Et tout cela se fait en contradiction avec la tradition et la spiritualité de leur ordre, sans le véritable assentiment de la communauté, puisque le chapitre est mis devant le fait accompli.

     

    Les offices sont priant mais prie-t-on vraiment quand leur longueur démesurée rognent sur le temps de sommeil et quand les répétitions de chant tournent en affrontement larvé ? Lorsqu'il s'agit de s'adonner à la forme de prière favorite de leur ordre, la méditation, les sœurs sont trop fatiguées et piquent du nez.

     

    Mère Fausta a toujours insisté sur la distance que l'on prend avec sa famille quand on entre dans l'ordre. La fréquence des parloirs et des courriers sont réglementés. Les rencontres se font à travers une grille. La clôture est strictement observée sauf ... quand Mère Fausta en a décidé autrement. Et là aussi, la seule règle est sa personne et non un consensus commun. Elle emmène "ses jeunes" travailler à l'hôtellerie pour des travaux de réfection, comme de la peinture, etc. ou bien pour donner un coup de main à Caroline lorsque celle-ci est dépassée par l'entretien des quartiers d'accueil. Cela est bel et bien permis par la règle. Mais la supérieure peut tout aussi bien gronder une jeune sœur qui, dans le cadre de son travail et suivant le même principe, est allée chercher une moustiquaire au même endroit.

     

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    Mère Fausta ne cache pas son désaccord envers le long séjour hors clôture qu'a passé Sœur Agnès, l'une des anciennes, pour soigner ses vieux parents, une permission qu'elle avait obtenue avant l'arrivée de la nouvelle supérieure. Quand Sœur Denise, l'un des aînées, doit sortir pour des examens médicaux, elle lui propose d'aller voir sa sœur de sang, qui est dans un hospice et qui ne peut plus se déplacer pour pouvoir la voir au parloir. Mais elle le fait sur un ton tel que la vieille religieuse préfère refuser, de peur de s'attirer des reproches par la suite. Car ce n'est pas son âge qui a jamais empêché Mère Fausta de l'humilier à plusieurs reprises. Lorsque le père de Bénédicte, la postulante quadragénaire, entrée depuis une semaine décède d'un infarctus, elle lui rappelle ce qu'impose la clôture : la postulante ne retournera pas en famille pour enterrer son papa. 

     

    Cependant, le jour où la mère de Soeur Alexandra tombe très malade, Mère Fausta n'hésite pas à l'accueillir au monastère, alors que la nonne a six frères et soeurs, pour qu'elle soigne sa vieille maman. Elle la verra donc tous les jours, lui apportera à manger, lui prodiguera des soins, même pendant le carême, privilège que n'ont pas les autres nonnes. Mère Fausta expliquera qu'elle a pris cette décision par charité et parce qu'il y avait des conflits dans la fraterie de la nonne. Pas question non plus d'envoyer les novices en formation dans les sessions pourtant organisées par les associations de contemplatives ou même au sein de l'ordre. Ce serait contraire à la clôture, selon Mère Fausta. En fait, il ne faudrait surtout pas que les jeunes sœurs puissent se rendre compte que quelque chose cloche dans leur communauté en faisant certaines comparaisons. Cependant le jour où une cérémonie d'installation d'un nouvel abbé dans un monastère ami a lieu, Mère Fausta ne décline pas l'invitation. Elle s'y rend avec Sœur Alexandra, comme si ça allait de soi et elle participe au vin d'honneur qui suit. Plus question de clôture, quand il s'agit d'opération de charme.

     

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    Tous ces efforts de séduction pour garder Sœur Alexandra dans la communauté , car c'est de cela qu'il s'agit sous couvert de dévotion, ne réussissent pas pour autant. Mal à l'aise dans le rôle qui lui incombe en tant que nonne, Sœur Alexandra fugue, à plusieurs reprises. La première fois, cela ne dure qu'un jour. Elle part un matin et revient le soir. Mère Fausta n'en dit pas un mot, sur le moment, à la communauté. Elle passe des heures à raisonner son alter ego et finit par la convaincre de revenir. Elle raconte à la communauté que Sœur Alexandra est très fatiguée, qu'elle doit se reposer et elle l'envoie quelques jours en retraite. Aux novices, elle déclare que la nonne doit passer une semaine en dehors de la communauté pour refaire ses forces, mais au bout de trois jours, Sœur Alexandra réintègre la vie commune. Elle souffre d'insomnies et use ses forces. Elle est parfois prise de malaises. Peu importe, tant qu'elle ne s'en va pas.

     

    La seconde fois aura plus de répercussion. Un jeudi saint, Sœur Alexandra se dispute avec Soeur Marie-Noëlle et lui lance des mots très blessants. Elle va ensuite trouver Mère Fausta et lui déclare vouloir s'en aller pour de bon. La supérieure lui donne un peu d'argent et la fugitive quitte le couvent, à pied, avec ce qu'elle a sur le dos, sans même prendre le temps de rassembler quelques effets.

     

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    A cette époque, Marie-Noëlle et Martine sont à quelques jours de prononcer leurs vœux perpétuels, il y a deux postulantes, Bénédicte et Hélène. De plus, une religieuse du même ordre, venant d'un autre continent, effectue un court séjour dans la communauté, afin de se former. Comment Mère Fausta annonce-t-elle les événements qui viennent de se produire ? ... Elle prend à part ses novices et leur dit que Sœur Alexandra est partie et qu'elle ne sait pas où elle se trouve. Sœur Martine devra, au pied levé, apprendre la troisième voix des chants polyphoniques pour pallier cette absence. Mais elle ne dit rien aux conventuelles. Quand la nonne en stage lui pose la question de savoir où est passé la fugitive, elle répond seulement qu'elle ne le sait pas.

     

    Il faut attendre le mardi de Pâques pour savoir où elle s'est en allée. Elle est allé rejoindre à Paris le père Innocent, ce prêtre missionnaire que Mère Fausta a connu lors de son périple en Terre Sainte et qui vient, de temps à autre, rendre visite à la communauté. Le bon père se met en tête de raisonner à son tour Sœur Alexandra. Elle revient peu avant la profession perpétuelle des deux compagnes de noviciats. Sœur Denise est l'une des rares à avoir eu le courage de poser, en privé, la question de cette disparition. Mère Fausta aura pour réponse qu'il faut l'accueillir comme le fils prodige, mais l'ancienne n'est pas dupe du caractère anormal de la situation. La communauté en tant que telle ne pose pas de question, un comportement tout à fait anormal dans un couvent qui fonctionne sainement. Quelques jours après la fin des festivités de la profession, Sœur Alexandra est à nouveau envoyée en repos, à l'hôtellerie d'un monastère ami.

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    Sœur Alexandra prendra une troisième fois la décision de partir et, pour être sûre de ne pas être récupérée, elle se rendra directement à l'évêché pour demander sa sécularisation, mais nous lirons la suite de ce dernier sursaut pour s'arracher à l'emprise de la prieure dans un épisode ultérieur, lorsque nous atteindrons l'ambiance de fin de règne.

     

    La nonne avait compris d'elle-même qu'elle n'avait pas sa place dans une communauté, surtout une communauté fermée. Sœur Martine qui mettait toute sa vertu à la supporter et prier pour elle avait remarqué que les crises de colères étaient précédées d'une période de lassitude, où la religieuse avait le regard perdu dans le vague et la voix morne. La jeune sœur pressentait qu'une de ses crises de colère allait éclater, ce qui arrivait à chaque fois. Lorsque le déferlement colérique était passé, Sœur Alexandra ne se souvenait plus des paroles qu'elle avait prononcées dans sa furie. Une visite chez le neurologue aurait pu l'aider car, de toute évidence, ses crises avaient un caractère pathologique. Un ecclésiastique suggérera plus tard une telle solution, mais le tour pris par les événements en décidera autrement.

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    Malgré son  côté obscur, Sœur Alexandra est généralement appréciée par les sœurs âgées. C'est une infirmière dévouée et consciencieuse qui pousse très loin le sens du devoir. Parfois, ses colères envers la supérieure ont un fondement réel ; Mère Fausta a une façon dangereuse de traiter les problèmes de santé. Alors que Martine est encore postulante, Sœur Rosalie, âgée et grabataire, fait une occlusion intestinale. Mère Fausta appelle bien le médecin mais elle refuse de l'envoyer à l'hôpital. La petite vieille ne supporterait pas, d'ailleurs Sœur Rosalie préfère ne pas quitter son cher couvent. D'âpres discussions divisent la supérieure et Sœur Alexandra qui lui répète qu'on ne peut pas laisser la vieille sœur sans rien faire, qu'on ne peut pas la laisser souffrir. Mère Fausta l’interprète à sa sauce : pas question d'euthanasie à quoi Sœur Alexandra rétorque qu'elle n'a jamais voulu dire ça. Mère Fausta fait bien venir des anti-douleurs, assez tardivement, mais Sœur Rosalie décède quatre jours plus tard après avoir souffert.

     

    Un an plus tard, Sœur Marie-Noëlle constate la présence d'un nodule au sein. Affolée et craignant être atteinte d'un cancer, elle en avertit Mère Fausta qui se gausse d'elle : on n'attrape pas le cancer comme ça, déclare la supérieure, forte de son brevet d'infirmière psychiatrique. La jeune sœur est en proie à de vives angoisses et tâche d'en savoir davantage en interrogeant adroitement Sœur Martine, sans lui dire bien sûr qu'il s'agit de son cas personnel. Sœur Martine à qui il ne vient pas à l'idée que sa consœur est la première concernée, explique qu'effectivement, dans un pareil cas, il faut faire des examens de dépistage. Mère Fausta ne trouve rien de mieux que de gronder Sœur Martine pour avoir parler pendant le travail, après que Sœur Marie-Noëlle, forte de ces nouveaux arguments, fut revenue à la charge. Sur ces entrefaites, la novice contracte une grosse bronchite ; quand Sœur Alexandra la prend en charge, elle la met au courant de l'existence du nodule. L'infirmière de la communauté ne fait ni une ni deux et exige que le médecin soit consulté dans les plus brefs délais.

     

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    Mère Fausta doit céder, mais elle impose la présence de Sœur Alexandra comme chaperon quand Sœur Marie-Noëlle se fait examiner. La supérieure s'abaisse à des allusions suspicieuses et déplacées quant aux motivations de la jeune recrue. Le médecin enverra la jeune nonne passer des examens approfondis et se faire retirer ce nodule. Celui-ci étant bénin, la supérieure ne manquera pas de se moquer encore une fois des peurs de la novice. Quant à Sœur Martine, elle finit par réaliser, par déduction la nature de l'intervention chirurgicale qu'a subie Sœur Marie-Noëlle, à travers les allusions de Mère Fausta sur la crainte de sa compagne de noviciat. Au lieu de se révolter contre une telle attitude, elle renie son bon sens et trouve, comme toujours, des excuses et des bonnes raisons à sa supérieure et maîtresse des novices. Celle-ci  s'emploie, par ailleurs, à faire passer sa consœur pour une hypocondriaque.

     

    La vie de la jeune sœur se trouve une nouvelle fois en danger quelques années plus tard où elle est prise de crampes dans le bas-ventre. Immédiatement, Sœur Alexandra prend les devant et avertit le médecin qui l'envoie aux urgences. Sans son intervention, la jeune nonne serait décédée d'une hémorragie interne à cause des atermoiements de sa supérieure. Il faut procéder d'urgence à l'ablation d'un ovaire. Cela n'empêche pas Mère Fausta de prendre à la légère la convalescence de la jeune sieur. Elle lui refuse la médication topique qui la soulagerait d'une réaction allergique aux endroits intimes sous prétexte de sauvegarder sa chasteté. Et elle ne manque pas de faire des allusions déplacées à chaque fois que celle-ci se rend, pour son suivi post-opératoire, chez la gynécologue. La jeune sœur, de guerre lasse, finira par renoncer à ce suivi pourtant nécessaire.

     

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    Lors d'une longue absence de Sœur Alexandra causée par ses doutes sur sa vocation, Mère Fausta se fondant sur sa science infuse impose de son propre chef à Sœur Marie-Noëlle la prise de comprimés de fer en grande quantité, sans prendre la peine de consulter le médecin. Au bout de quelques mois, la jeune sœur souffre de violentes crampes provoquées par l'irritation intestinale. Mais Mère Fausta, au lieu de mettre en doute ses supposées connaissances dans le domaine de la médecine, préfère montrer la nonne du doigt et l'accuser de jouer la comédie.

     

    A plusieurs reprises, Mère Fausta accompagne des sœurs âgées à l’hôpital, quand elle revient, elle ne manque pas de se mettre en valeur auprès de sa communauté, laissant comprendre que les médecins ont tardé à trouver ce qu'elle avait prédit depuis le début des symptômes. Elle ne peut s'empêcher de se présenter de manière détournée comme une personne de sciences et d'expérience dans le domaine médical.

     

     

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     Mère Fausta tient à l'attachement exclusif à sa personne, sous couvert de dévotion, cela s'entend. Elle est celle qui a la grâce d'état puisqu'elle a été choisie par Dieu pour cette mission, voit la situation globale du monastère et décide pour le mieux de chacune. L'attachement d'Alexandra et pour Alexandra prend des proportions préférentielles. Pour elle, on oublie le "nous sommes des pauvres", elle a droit, pour son travail, à du matériel cher et performant. Souvenez-vous du tracteur-tondeuse ... qu'elle n'avait pas demandé. Elle a le droit de se servir de la photocopieuse, d'un ordinateur, d'une imprimante laser.  Il est même question de revêtir le nouveau cloître de plaques de marbre, parce que Sœur Alexandra trouve ça beau. Mère Fausta finira par y renoncer.

     

    Quand Sœur Martine et Sœur Marie-Noëlle vont commander leur paire de lunettes chez l'opticien, Mère Fausta leur fait comprendre qu'une monture de plastique est assez bonnes pour elles, alors qu'elle-même et son acolyte ont une monture en métal. Elle leur recommande tout de même la même qualité de verres que les siens. L'opticien explique alors aux jeunes nonnes que les verres progressifs des deux sœurs dirigeantes ont coûté 20 000 BEF le verre (500 €, sans tenir compte de l'inflation ; les faits ont lieu début des années 90)

     

    Sœur Valérie, soumise à un travail physique trop important pour sa santé finit par souffrir du dos. Mère Fausta ne manque pas de lui rappeler que Jésus a expié nos péchés dans son corps. Évidemment, un tel remède n'est guère efficace contre la dorsalgie et celle-ci s'aggrave. Plutôt que de l'envoyer consulter chez un spécialiste, elle a recours à une espèce de guérisseur. Sœur Pauline et sœur Valérie iront donc plusieurs fois dans une ville voisine se faire "soigner" par un charlatan qui utilise des aiguilles et leur brûle le dos avec une flamme.

     

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    Mère Fausta peut se montrer jalouse. Sœur Martine a-t-elle regardé de trop près Soeur Alexandra ? Mère Fausta lui fera comprendre que cela ne se fait pas de dévisager les sœurs de cette manière. Elle lui dira que Sœur Alexandra la trouve trop pot-de-colle, trop attentionnée envers elle. Dieu sait ce qu'elle raconte au sujet de la jeune nonne à son bras droit. Car celle-ci, d'abord affable envers elle, se montre de plus en plus froide et distante, vis-à-vis de la jeune nonne qui fait pourtant tout pour ne pas lui déplaire. C'est qu'au fond, Mère Fausta voudrait être la sœur préférée de toutes.

     

    Cette jalousie et ce désir de séduire s'exprime par une foule d'actes manqués. Ses visites impromptues dans la cellule des jeunes sœurs qui surprennent certaines en sous-vêtements et les mettent mal à l'aise. Ses réflexions déplacées sur de prétendues complaisances à des actes purement médicaux et objectivement désagréables. Ses allusions déplacées en matière de sexualité, son manque totale de discrétion quand il s'agit de s'enquérir si ses novices n'ont pas de tentation contre la chasteté. Elle se complait elle-même à s'étendre longuement dans des récits scabreux sous prétexte de dénoncer le mal. Tout en prenant des mines dégoûtées, et en parlant à mots voilés, elle insiste lourdement sur des détails choquants, créant le malaise dans son auditoire.

     

    Episode 1 , épisode 2épisode 3épisode 4épisode 5,  épisode 6,  épisode 7,

    épisode 8,  épisode 9,  épisode 10

     Crédits photos : La religieuse de Rivette; Culture pub ; Sister Act ; Photolibre ;La religieuse de Nicloux (Le pacte); Photos personnelles.


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  • Dans un livre paru il y a une dizaine d'années,  "'t Zijn al geen heiligen die grote paternosters dragen" on trouvait une photo d'une sœur dominicaine portant une cornette.  Ce livre recense les anciens costumes des congrégations autrefois présentes en Belgique. Certains sont haut en couleur.  Mais revenons-en à notre dominicaine. Le nom exact de sa congrégation est "Sœurs de charité dominicaines de la présentation de la sainte vierge". Là aussi, au point de départ, il ne s'agissait pas de religieuses à stricto sensu, mais au fil du temps, l'évolution du code de droit canonique leur a permis de s'ériger en institut de vie consacrée.

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    La fondatrice, Marie Poussepin, à présent béatifiée, naquit au XVIe siècle dans une famille de notable. Elle est à la tête d'une entreprise et c'est une vraie femme d'affaires. Elle introduit l'usage du métier à tisser dans le tissage de la laine, avec succès. Elle en profite pour former des apprentis qu'elle prend sous sa tutelle et veille à leur sauvegarde morale. Également membre du tiers-ordre dominicain, elle s'adonne aux œuvres de charité.

     

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    Qu'est-ce qu'un tiers-ordre ? C'est l'ancien nom qu'on donnait à ordre séculier. Tiers est à prendre au sens de "troisième", à côté du premier, l'ordre des religieux, le second, l'ordre des religieuses, il y a la laïcs qui restent dans le "siècle", le monde ordinaire, mais s'associent pour profiter de la spiritualité d'un ordre. Ces membres s'appelaient "tertiaires". Plusieurs ordres religieux ont un tiers-ordre, un ordre séculier.

     

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    Marie Poussepin ne s'en tient pas là. Elle fonde une communauté de tertiaires « pour instruire les filles et servir les malades pauvres » à laquelle elle lègue ses biens. Cette communauté vit selon les coutumes dominicaines mais sans vœux ni clôture. Les sœurs doivent vivre du travail de leur main et s'adonnent, elles aussi, au tissage. Un évêque imposera à la communauté de cesser tout rapport avec l'ordre dominicain, cela n'empêchera pas ces sœurs de garder vivant cet esprit. La fondation survit à sa fondatrice et essaime en France, jusqu'à ce que la révolution française en ferme les établissements et en disperse les membres.

     

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    L'ère napoléonienne permet à l'institut de se relever de ses cendres. Au cours du dix-neuvième siècle, la congrégation se rapproche de l'ordre dominicain et les sœurs se voient offrir la possibilité de prononcer des vœux, elles deviennent des religieuses à part entière. Parallèlement, les fondations se succèdent les unes aux autres, de nouvelles maisons s'ouvrent et plus seulement en France. La congrégation s'étend à d'autres pays et traverse les océans. Elle s'implante durablement en Amérique latine où elle est bien représentée au point d'y compter aujourd'hui la plupart de ses membres.

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    Autrefois, les sœurs portaient une robe de teinte écrue, un mouchoir de cou blanc, un tablier noir et une cornette d'abord fort modeste mais qui prit son envol au cours du XIXe siècle. Aujourd'hui, la congrégation semble avoir réussi son aggiornamento. Le costume varie selon les provinces : robe blanche et voile noir ; tenue civile modeste avec croix en sautoir ; ou encore inculturée à l'endroit de l'implantation géographique. 

     

     


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  • Une grosse erreur de costume dans un téléfilm m'a plongé dans des recherches sur l'histoire de la Compagnie des Filles de la Charité. Cela ne vous dit rien ? C'est pourtant le nom officiel des Sœurs de St Vincent de Paul. Oui, la bonne sœur à cornette ... comme dans la série des "Gendarmes" avec Louis de Funès. A ce détail près que ce couvre-chef impressionnant a été abandonné il y a cinquante ans.

     

     

    Je reprends ce bon mot que j'ai lu ailleurs : la sœur de charité qui passe pour le prototype de la religieuse dans le grand public, n'en pas une. Oui, vous avez bien lu : les Filles de la Charité, les sœurs de St Vincent de Paul ne sont pas des religieuses. C'est l'histoire d'une gentille entourloupe, un petit tour de passe-passe très intelligent.

     

    Monsieur Vincent est un prêtre français, né à la fin du XVIe siècle et qui est décédé en 1660. Il se dévoua au service des plus pauvres et des délaissés de son époque. Pour l'aider dans son apostolat, il s'adjoignit l'aide de dames charitables, puis de paysannes qui venaient à l'origine des alentours de Paris. Ces filles de la campagne conservèrent leur costume traditionnel et il fallut plusieurs siècles pour que ce qui n'était que la bande avant d'un chaperon devînt cette coiffe monumentale bien connue du cinéma.

    A cette époque de la Contre-Réforme, de nouvelles congrégations et familles religieuses voient le jour. Mais parallèlement, les règles qui encadrent la vie religieuse féminine deviennent plus strictes. On leur impose, progressivement, la clôture, c'est à dire un certain confinement : plus question de sortir du couvent. C'est ainsi que François de Sales qui venait de fonder une congrégation vouée à la visite, se voit contraint à renoncer à ce projet initial : ses dévotes ont prononcé des vœux, elles doivent garder la clôture. Les sœurs de la visitation deviendront des contemplatives.

     

    Pour échapper à cette contrainte, Monsieur Vincent ne fera pas prononcer des vœux à ses Filles. Elles feront des promesses et, encore de nos jours, leur Compagnie n'est pas une congrégation mais une société de vie apostolique, une association où l'on ne prononce pas de vœux.

     


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  • Commençons par une vidéo postée sur youtube où l'on voit la prise d'habit d'une jeune clarisse. Cela se passe vraisemblablement aux Etats-Unis où l'on est très friand de ce genre d'évènement et d'habit à l'ancienne.

     


     

    Comme je l'ai déjà expliqué ailleurs, nous ne sommes pas ici pour nous arrêter aux aspects extérieurs, au folklore, oserais-je dire. Oui, une prise d'habit, c'est très joli, émouvant, etc. Ce n'est pas pour ça qu'il faut s'arrêter à l'esthétique ou aux sentiments. Quel que soit le poids émotionnel, il faut tout de même rappeler qu'une prise d'habit n'est QU'une prise d'habit. C'est l'entrée au noviciat et rien d'autre. La novice peut quitter à tout moment le monastère comme la communauté peut à tout moment la renvoyer. L'usage de la robe de mariée a été abandonné, pour cette raison, un peu partout, sauf dans des endroits fort attachés aux vieilles habitudes. Dans certains monastères, la prise d'habit a même lieu à un moment où la chapelle est peu fréquentée, pour lui conserver un caractère discret. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas le cas ici. Mais cela se comprend étant donné la référence franciscaine.

     

    La prise d'habit de Claire a été un tournant assez marquant dans l'histoire de la famille franciscaine. La jeune fille s'enfuit de nuit dans ses plus beaux atours. Elle abandonne ses vêtements magnifiques, se fait couper les cheveux par le frère François et revêt l'habit. Une fois les cheveux coupés, elle est considérée par les mœurs des temps comme consacrée à Dieu et sa famille ne peut la récupérer. Ne pouvant rester dans la compagnie trop masculine de François et de ses frères, elle rejoint un monastère bénédictin où elle reçoit sa formation.  Cet évènement historique est la raison pour laquelle, chez les clarisses l'habillage, si je puis dire, se passe intégralement au chœur. La jeune fille reçoit l'habit, préalablement béni, puis la corde qui lui tiendra lieu de ceinture. Cette corde ne porte pas encore de nœuds qui sont les symboles de la profession religieuse. Ensuite, on lui coupe les cheveux publiquement, comme il en fut de Claire, la fondatrice, puis elle reçoit la coiffe et le voile.

     

    Mais si j'ai posté cette vidéo ici, ce n'est pas tant pour commenter les usages franciscains que pour m'interroger sur l'âge de la jeune personne. Dix-huit ans ! Comme Claire d'Assise, diront certains, mais c'est que nous vivons en d'autres temps. Au moyen-âge, une femme de la noblesse, comme Claire, n'avait pas le choix entre plusieurs perspectives de carrières : épouse ou nonne, il n'y avait guère de possibilités.

     

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    Nous vivons au XXIe siècle. Quand une jeune fille ne persévère pas au couvent — rappelons qu'une prise d'habit n'est pas un engagement définitif — qu'advient-il d'elle ? Elle doit sortir et se réinsérer dans la vie de tous les jours. Si elle n'a pas de formation préalable, si elle n'a pas un diplôme en poche, une formation professionnelle, les conséquences peuvent être lourdes pour son avenir.

     

    Une jeune fille peu réfléchie avait été enthousiasmée par sa retraite de fin de secondaire dans un carmel. Elle demanda à y entrer, alors que son entourage lui demandait d'y réfléchir à deux fois.  Trois jours plus tard, confrontée à la réalité de la vie religieuse, elle préféra s'enfuir, en enjambant, après la messe, le muret qui séparait le chœur de la chapelle. Elle téléphona ensuite au monastère demandant qu'on lui préparât ses affaires et expliquant que sa mère allait venir les chercher. Qu'est-ce que trois jours durant une période de vacances scolaires ? Sitôt sortie, elle alla se renseigner sur les possibilités qui s'offraient à elle et s'inscrivit à l'université.

     

    Tout ne se termine pas toujours aussi bien que cet épisode un peu cocasse, avouons-le. Béatrice, une autre jeune fille entra tout aussi jeune dans un monastère. La vocation lui était venue subitement pendant une procession du saint sacrement. Elle plaqua son petit ami de l'époque et insista si bien auprès de la supérieure du couvent que celle-ci l'admit au postulat alors qu'elle n'avait que dix-huit ans. Les monastères du même ordre trouvait un peu imprudent d'admettre une candidate aussi jeune, mais elle semblait, aux yeux de la communauté qui l'accueillait, avoir une solide vocation. Au début, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. La jeune novice fit profession dans la joie. Mais cela ne résista pas à l'épreuve du temps. Elle était la plus jeune de sa communauté, une autre soeur, entrée avant elle était de vingt ans son aînée. Le reste de la communauté avait l'âge d'être sa grand-mère. Peu réjouissant quand s'émousse l'enthousiasme du début et qu'il faut durer dans le temps. Le désarroi fit surface, on l'envoya suivre un cours de théologie, avec des séminaristes. Puis sa santé faiblit et elle dût prendre du repos, à l'extérieur du monastère. Elle finit, dix ans après son entrée à sortir définitivement du couvent, elle se fit séculariser. Heureusement pour elle, elle avait suivi une formation professionnelle et, malgré son jeune âge, elle avait un métier dans les doigts, ce qui lui permettait de se réinsérer dans la société.

     

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    Ce n'était pas le cas d'Annette, appelons là ainsi. Elle faisait ses études quand elle ressentit l'appel. Imprudemment, la maîtresse des novices avec qui elle prit contact, la poussa à interrompre ses études pour entrer au couvent. A l'intérieur de celui-ci, les choses ne se passaient pas comme elles auraient dû se passer. Les dysfonctionnements prirent une telle proportion que les autorités ecclésiastiques intervinrent pour déposer la supérieure et en nommer une autre. Annette fit de son mieux mais marquée par les mauvaises années qu'elle venait de vivre, elle finit par demander son transfert dans un monastère du même ordre. Elle y fut bien accueillie et accompagnée dans son cheminement. Celui-ci la conduisit à quitter les ordres. Elle se retrouva dehors sans métier ni formation. Elle doit vivre chichement en exerçant des petits métiers peu rémunérés comme dame de compagnie.

     

    Vous avez entendu l'appel, mais vous avez moins de vingt-cinq ans ? Ne vous précipitez pas et achevez votre formation. Faites l'expérience du travail dans la vie civile, cela ne vous fera pas de mal. Si votre vocation est véritable, ce n'est pas ce délai qui la fera s'envoler. Méfiez-vous de ceux et celles qui veulent vous faire tout interrompre pour vous embrigader. Ce n'est pas un signe de sérieux de la part de l'institut.

     

    J'entends d'ici l'objection : Thérèse de Lisieux est bien rentrée à quinze ans. Je peux même ajouter qu'après elle, on a admit une candidate de ... treize ans ! A l'époque, l'âge de la nubilité était de quinze ans et trois mois pour les filles. Vous conseilleriez à une jeune fille de se marier si jeune ? Je ne le pense pas. A l'époque, l'entrée d'une "enfant aussi jeune" à Lisieux n'a pas fait l'unanimité chez les supérieurs ecclésiastiques. Thérèse a entendu de ses propres oreilles les remontrances d'un prélat aux sœurs qui l'accueillaient. Pas plus que nous ne vivons plus au moyen-âge, nous ne vivons plus non plus au XIXe siècle où il suffisait qu'une femme ait une instruction minimale, qu'elle sache coudre et cuisiner pour trouver à se caser.

     

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    Des bénédictines avaient imprudemment accepté chez elles une certaine Ursule, une jeune fille peu formée. Elle avait dix-neuf ans. Comme elle ne se sentait pas à l'aise dans leur spiritualité, elle retourna chez ses parents. Cependant son désir de vie religieuse était toujours vivace, elle frappa donc à la porte d'un carmel qui lui demanda de travailler un peu. Un peu peu, puisqu'on fixa le délai à six mois. Un an aurait été préférable. Après trois mois, la jeune fille se plaignit d'une entorse au poignet, du rythme de travail et de bien d'autres choses. Les bonnes sœurs la prirent en pitié et estimèrent qu'elle avait fait preuve de bonne volonté; elles l'admirent au postulat.

     

    Ursule n'y prit jamais l'habit parce qu'il devint peu à peu évident qu'elle cherchait un refuge dans la vie religieuse. Dès qu'on la mettait face à certaines exigences, qu'on la contrariait, elle se déclarait malade, gardait le lit. Tout lui était prétexte à fuir la réalité de la vie. Les carmélites durent la renvoyer en lui demandant d'attendre un moment avant de se représenter ailleurs. Ursule n'en avait cure, elle n'était pas dehors depuis une semaine qu'elle se remettait en quête d'un couvent. Elle a fini  dans une communauté vieillissante de clarisses où les sœurs fort âgées pouvaient jouer à bonne-maman avec la petite jeunette et ceci au grand dam d'autres monastères de cet ordre qui voyait clair dans les motivations de la jeune personne. Qu'arrivera-t-il, se disaient-elles, le jour où ce monastère fermera à cause du vieillissement des vocations, où faudra-t-il replacer Sœur Sara ?

     

    C'est ce qui vient d'arriver : ce monastère vient de fermer. Ursule ne persévère pas dans l'ordre. Elle est à présent dans une communauté religieuse à orientation œcuménique. Espérons de tout notre cœur qu'elle y trouvera sa voix.

     


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